Synthèse de notre voyage en Amérique

Et voilà, nous avons remis un pied sur la belle terre de France. Le sang coule à Bruxelles nous rappelant brutalement qu’il va falloir ré affronter notre monde et ses problèmes….

Vieille Europe, avec ses projets politiques en échec, son pessimisme récurrent et cette sensation d’être étouffé par les règles absurdes, la densité humaine, le poids de l’histoire… Notre tête est encore pleine des grands espaces américains ou argentins, de ces terres du nouveau monde où tout semble encore possible à qui veut entreprendre.

Néanmoins, nous revenons plus sûrs que jamais d’être fiers d’être français et plein d’espoir que l’Europe reprenne sa construction.

Toute l’Amérique est sillonnée de nos cargos, nos avions se vendent au mieux, nous sommes en pointe sur l’eau, l’énergie, le développement durable, l’urbanisme, la mode, la bouffe, la culture etc. C’est quand même la classe pour 70 millions d’habitants !

Au niveau européen, bien sûr, il y a ce constat d’échec d’une Europe en panne, mais non d’un petit chien à pull, l’Europe a fait de nous des frères, partout dans le monde, allemands, espagnols, italiens, et même anglais (!), nous avons la même façon de lire le monde, quelle victoire pour les peuples belliqueux que nous sommes…

Et si on paye cher aujourd’hui des choix complexes, face à d’autres cultures, arrêtons de nous morfondre, c’est ultra compliqué aussi chez les copains, parce que la cause noire et indigène sur le continent américain, ce n’est quand même pas coton (oui, dsl pour le jeux de mot glauque…).

Alors voilà, tandis qu’on se reglisse dans notre quotidien à une vitesse affolante, on espère qu’on arrivera à garder confiance dans notre petit pays qui se défend pas si mal à l’international, et dont le modèle fait tant rêver.

On garde – encore ! – plein de rêves à assouvir, alors qui sait, peut-être reprendrons nous un jour la route. D’ici là, on vous remercie de nous avoir suivi pendant ces 5 mois, ça nous a bien motivé à faire nos posts. Et, promis, si on recroise des trucs rigolos, on le mettra sur ce blog !

On arrive à Vallence… et que ça brule !

En Espagne, dans la région de Valence, il y a la Saint Joseph, et c’est une sacré affaire.

Saint Joseph, c’est le saint des menuisiers, alors pour célébrer ce saint, tous les ans on mettait à cramer les meubles cassés ou ratés ou les vieilles chutes. Et puis tant qu’à faire, autant que le feu soit plus gros et plus beau que celui du quartier d’à côté. On a qu’à y mettre quelques statues en bois, ça ferait mieux. Et d’ailleurs, et si ces statues devenaient géantes, en polystyrène, satyriques ? Bas, tant qu’on les crame… On agrémente le tout de pétards et de feux d’artifices, et ça peut donner pas mal.

Quitte à être croyant, on en profite pour faire des défilés géants en costume traditionnel pour aller revêtir la Vierge de fleurs.

Et pour meubler un peu, on fait défiler les « christinanos et mauros », des gens costumés rémorant la victoire des espagnols contre les arabes…

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La Saint Joseph c’est aussi la fête des papas, alors tout le monde fête ça.

Au final ça donne les Fallas, une espèce d’exposition géante de sculptures immenses, mise en musique par des tambours de pétards, égaillée d’Espagnols grignotant des tapas et de beaux pompiers aux 400 coups, éclairée par des feux d’artifice, réchauffée par les grands brasiers du dernier soir, le tout, au coeur de Valence. Sympa non ?

Stats blog

Vous savez quoi, on vous a surveillé pendant ces 5 mois et les stats sont implacables : on est des démotivateurs chroniques.
Chers lecteurs, vous êtes particulièrement assidus la semaine, aux heures de travail petits fripons ! On a en particulier un pic de lecture le matin vers 8h, et dans l’aprem, entre la digestion et l’envie de sieste… Ben alors !

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Vous venez en général vite fait (5s) pour vérifier si on a bossé en pondant un article, vous êtes souvent déçus, mais quand il y en a un, alors là, c’est la glande, vous restez de 5 min à 1h, à glandouiller rebondissant de photos en photos… Et à 25%, vous restez même plus d’1heure. On imagine que vous deviez travailler assidûment et avoir oublié de fermer la page internet…

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Vous êtes aussi de grands fidèles de facebook, une publication de notre blog sur nos pages FB et le trafic triple dans l’heure qui suit…

Bien sur, on a nos lecteurs assidus, du côté de Nice, Aix, Toulouse, Paris, nos lecteurs exotiques du côté de Los Angeles, Nouméa et même Quebec, nos lecteurs épisodiques, nos spams chinois et russes mais aussi pas mal de nouvelles connexions, même au bout de 5 mois.

On a même remarqué, mais là, vous n’y êtes pour rien, qu’on nous trouve dans google en tapant… « pingouins news » !

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Et pour finir, vous vous êtes tartinés, pour les plus assidus, 113 posts, et nous avez fait partager 109 petits commentaires sympas. Alors merci de nous suivre !

NB : nous attendons avec anxiété la relecture de notre analyse de stat un peu attive par nos experts JM et Pierre, aïaïaï !

Aleijadinho, le papé qui envoie du pâté

A l’occasion de notre retour au Brésil pour une horrible escale d’une journée à l’aéroport de Sao Paulo, on se doit de rattraper un oubli… Vous parler d’Aleijadinho.

Au début, on se demande qui c’est ce type assez relou pour avoir un nom imprononçable. Et puis à force de se faire rabâcher par le guide vert que c’est le grand maître du baroque brésilien, et se taper toutes ses églises, bon ben on l’adopte. Ce qui nous a ému – enfin, surtout Célia – c’est ses dernières statues. Alors qu’il était rongé par la lèpre, pour continuer à sculpter, il se faisait attacher ses instruments à ses moignons… Au monastère de Congonhas, les expressions de ses 12 prophètes de l’Ancien Testament sont saisissantes, que de modernisme le papé !

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Buenos Aires, la belle latino-italienne, qui parle espagnol et s habille en parisienne

Buenos Aires, ville caméléon. On l’a arpentée pendant 4 jours, adorant ses multiples humeurs et s’épuisant dans ses rues qui appellent à aller toujours plus loin.

 

Le centre, figé dans les années 80, témoin d’une ville qui se voulut à l’image de Paris, habillée d’immeubles hausmaniens et des grandes avenues. Les rues piétonnes se font commerçantes, avec partout des gars qui proposent de faire du change, pour gagner de l’argent ou se débarrasser de ces pesos argentins sans aucune valeur avec l’inflation galopante ? Et sur les murs, à la Plaza des Mayo et à la Casa Rosa, le souvenir glorieux des discours d’Eva Peron, des souffrances des mères des « desaparecidos », victimes de la dictature de 76 à 89, la frustration de voir les Mallouines « occupées »…

 

La Boca, aux maisons si photogéniques qu’elles feraient presque croire que la misère est moins pénible au soleil. Les danseurs de tango professionnels, à la solde des restos pour touristes, font vivre au détour d’une place et d’un air mélancolique la magie du tango.

 

San Telmo, coloniale et décrépite, qui abrite, sous de nouvelles latitudes, un temps que les moins de 20 ans ne peuvent plus connaitre.

 

Puerto Modero, les docks les plus mal famés de la ville dans les années 80, devenus, à coup de millions, une ballade chic « au bord de la tamise », avec ses quais branchouilles et ses grattes-ciel bleus, signes d’une reprise économique qui ne peut s’occuper de tous.

 

Recolleta, ses parcs sympatoches, ses rues chicos ou à la mode, et son cimetière Père Lachaise où l’icône Evita Peron dort cachée dans le caveau familiale, cadavre embaumé trop éminemment politique pour avoir droit à un repos tranquille.

Palermo, un nouveau lieu hipster, que nous aurons surtout vu à travers ses bières noctures…

Et partout, comme dans toute grande ville, le contact des mondes, celui du pays puissant, premier exportateur de soja, où les pantalons-tailleurs travaillent furieusement et recherchent un café crème « urbain chic » pour souffler un peu, celui des artistes qui offrent aux touristes une grande créativité, celui de l’Argentine frappée de plein fouet par une crise économique dans les années 2000, laissant sur le pavés des papis qui ramassent des cartons et des gamins qui jonglent, des travailleurs qui ne peuvent s’offrir plus récent que des 504 peugeot et les renault 12 pétaradantes… Beaucoup de questions, d’histoires, de douleurs, d’espoir et de poésie se marient dans cette belle ville…

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Especiales Perros…

Nous avons quitté la fière Patagonie, ses steppes jaunes battues par les vents et ses glaciers turquoises pour arriver un soir à Buenos Aires, manger un parrillada géante à l’Espanol, le resto de quartier où tous les vieux aux cheveux gomminés se retrouvent. Dites donc, ils ont quand même des sacrés têtes d’Italiens, ces Argentins qui mangent pâtes et pizzas en parlant un espagnol ponctué de « che »… Enfin, bref…
A la TV, du foot bien sûr, comme partout depuis que nous sommes en Argentine. Les papis à bretelles commentent bon train, avec leur verre de vin à la main. 20h, fin de l’émission de foot, le monde va-t’il s’effondrer ? Non, c’est l’émission « A Todo o Noda » qui reprend le relais, et comme nous sommes vendredi, c’est la version longue, particulièrement excellente « Especiales Perros ».
Hum, on ne vous avez pas raconté que les argentins ADORENT les toutous ? Il y en a partout dans la rue, et ils sont bien choyés les bestioles. Alors, finalement, quoi de plus logique le vendredi soir que d’avoir une émission sur les chiens, avec au programme un grand défis : traverser un petit bain d’eau et… Faire tomber des quilles ! Si le chien fait tomber le bon nombre, on gagne une TV, une moto, une machine à laver, une playstation, etc. C’est complètement stupide, ridicule… Et addictif ! Nos papis sont au taquet : « mais qu’il y aille donc ce péquinois qui a peur de l’eau, pourquoi ce labrador a t’il sauté, aaargh, le teckel a fait tombé une quille de trop, mais ce chien déguisé en saucisse doit gagner !! »

Alors si vous aussi vous voulez vous faire une délicieuse soirée pinard / chiens qui traversent des bassines d’eau, voilà quelques extraits pour vous mettre l’eau à la bouche ! Le site de l’émission !

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Le Fitz Roy en mode mal aux jambes

Oui, oui, c’est le Fitz Roy, c’est cool tout ça tout ça, ça fait rêver avec ses histoires de grands alpinistes, son mont Saint Exupéry mais là… Ben à force de faire de la rando comme des brutes, on avoue qu’on a juste mal aux pieds ! Alors les randos, on a trouvé ça cool, mais déjà un peu vu, et les nuits sous la tente, on a carrément craqué entre le vent, la pluie et le gel ! Notre meilleur souvenir sera donc probablement ce délicieux hôtel surchauffé et moelleux que nous nous sommes offert le dernier jour, avec petit dej de la mort !

Non, mais sinon, ça envoyait du pâté quand même :)


En pratique :
Nous avons fait deux randos : Laguna de los Tres et Loma del Pliegue Tumbado. La première est l’incontournable qui mène au pied du Fitz Roy. Elle se fait en 8-9h. Si on a envie de marcher avec sa tente, on peut dormir au camping gratuit Poincenot pour ensuite aller à la Laguna Torre, la seconde très jolie ballade. Sinon, on rentre au chaud (façon de parler) et on fait le lendemain Laguna Torre à partir du village…
La balade Lomo del Pliegue fait 8h, elle emmène au plus beau point de vue de la région, qui effectivement est grandiose, mais la ballade en soit n’est pas passionnante, surtout quand on a déjà randonné dans la steppe et la forêt patagonienne.

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Le Perito Moreno, le glacier au coeur de l actualité

Un glacier, encore ? Oui, mais le Perito Moreno !

Tout dans ce glacier est sympathique.

Son nom déjà, Perito Moreno, a été donné en hommage à un argentin aventurier qui a découvert le lac au pied du glacier (mais n’a jamais vu le glacier, pourtant il est gros !). En revanche, ce brave savant a travaillé à délimiter la frontière avec ces chameaux de chiliens. Et il s’en est bien tiré, récupérant plein de terres pour l’Argentine ! La patrie reconnaissante lui a offert des terres en Patagonie, qu’il a redonné pour créer le premier parc naturel en Argentine. Ca valait bien le nom d’un glacier cool.

Ensuite, le Perito Moreno a été pendant longtemps un des rares glaciers qui progresse, 2m par jour ! Aujourd’hui, il se maintient, ce qui est déjà beaucoup.

Finalement, le plus dingo, est qu’en progressant, le Perito Moreno coupe un lac en 2. Un des morceaux de lac n’ayant plus de voie d’écoulement, il se remplie d’eau, se remplie d’eau, se remplie d’eau… Son niveau peut monter à + 25 m. Quand la pression de l’eau devient trop forte, elle commence à passer par les anfractuosités à travers le glacier, forme un petit tunnel, qui devient rapidement une grande arche, qui finie par s’effondrer, réunissant de nouveau les lacs… Ce phénomène a lieux tous les 4 ans et ne dure que quelques jours, et vous savez quoi, ça a eu lieu… Hier !
Sur la première photo, on voit les différences de niveaux des deux lacs, et sur la seconde, à droite, le début de tunnel.

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4 jours après notre passage, voilà ce que les touristes ont vu (on est un peu dégouté de l’avoir raté…).

Sinon, le Perito Moreno, ce sera surtout notre première marche sur mer de glace, avec crampons et touti quanti. Et bien, vous vous en doutez, c’est mortellement beau.


En pratique :
Une seule agence permet de randonner sur le glacier : Hielo y Aventura . C’est cher, mais très professionnel. Nous avons pris l’option Big Ice, qui permet de randonner 3 heures sur le glacier. Aucun regret.

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La mythique rando Torres del Paine

Vous ne connaissez pas Torres del Paine ? Mais c’est une des balades mythiques d’Amérique du Sud ! Bon d’accord, on n’en savait rien non plus avant de recevoir à Noël le livre des 100 plus belles balades autour du monde, si vous voulez vous démotiver pour bosser, ce bouquin est parfait…

Alors, la balade se passe en Patagonie Chilienne, au pied de la cordillère. On tourne autour du massif de Torres del Paine, entre lacs turquoises, glaciers craquants et steppes jaunes. Le tour complet, le « O », est recommandé en 8 jours. Le Sud du tour, le « W », le plus connu, est donné pour 5 jours. C’est ce que nous avons fait.

Le gros challenge, c’est qu’on est en Patagonie, alors le risque est important de finir sous des vents cinglants, de la pluie ou de la neige… Pour notre part, on a eu grand soleil tout le temps, on a crevé de chaud par 25°C, écrasés sous nos sacs plein de polaires, bonnets de laine et autres coupes vents !

Alors voilà quelques photos, pour vous donner furieusement envie d’aller randonner cet été !

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En pratique :
D’où organiser son trek ?
Le plus simple, si vous avez du temps, est d’organiser depuis Puerto Natales, la ville la plus proche du parc, au Chili. Il y a des bus El Calafate – Puerto Natales tous les matins à 8h. Mais cela fait perdre une journée aller et une journée retour.
Sinon, vous pouvez organiser depuis El Calafate, mais c’est moins simple…
Comme il n’y a pas de bus qui vont directement à l’entrée du parc, il faut passer par une agence qui fait un tour à la journée des Torres, et descendre au milieu du tour. L’agence peut laisser soit à la porteria Laguna Amarga, l’entrée si on veut faire le W d’Est en Ouest, soit à Pudeto, le départ du Catamaran.
Cette option n’est pas mal du tout car sur la route l’agence vous arrête pour voir les guanacos et autres points de vue sympas. Vous avez même droit au casse-croute. Quelques jours après, quand vous avez fini votre trek, elle vous reprend à 16h à la porteria Laguna Amarga.
Au niveau budget, si on fait l’aller-retour El Calafate (qu’on n’a pas prévu de rester au Chili) c’est à peu près la même chose que si on prend le bus. Si on prend l’aller simple, c’est beaucoup plus cher que le bus.
Pour les préparatifs, El Calafate n’est pas idéal. La ville est très agréable mais pas très bien équipée : pas de nourriture spécifique de rando type plats déshydratés (il faudra faire soupe knorr et soupes chinoises), difficile de louer du matériel (tente introuvable dans notre cas), et les prix du matériel exorbitants (nous avons dû acheter notre tente complètement pourrie 100 euros). Surtout, attention en préparant les vivres, les fruits, légumes et autres produits animaux non cuits (saucisson etc) ne passent pas la douane. Et à l’entrée du parc, impossible d’acheter quoi que ce soit. Donc partir d’El Calafate veut dire que vous n’aurez pas de fruits et légumes frais dans votre rando, que vos protéines seront du jambon et des sardines en boite.
Dernière chose, pensez à emmener de l’argent chilien. Impossible de changer des sous ou retirer sur le parc. Or, toute coûte très cher ! Prévoir l’argent pour l’entrée du parc, mais aussi le catamaran si on souhaite le prendre, les bus qui font les navettes, les campings payants, les bières etc. Il est possible de changer des sous à la frontière mais le taux de change n’est évidemment pas top.

Dans le parc :
La plus part des campings sont payants et chers.
Il existe 4 campings gratuits, dont 2 très prisés : campamento Torres et campamento Italiano. Le Campamento Italiano est central dans le W, il vous permet de rayonner sans porter vos sacs. Ces deux campings doivent être réservés soit à l’avance, soit à l’entrée du parc : porteria de la Laguna Amarga ou guarderia Paine Grande. Si le camping est complet vous pouvez y aller quand même, en mars sa fraude sans pb.

Si vous souhaitez faire uniquement le W, réfléchissez bien votre trajet, il y a moyen de faire beaucoup de choses sans porter le sac, par exemple aller au glacier Grey en dormant à Paine Grande (une grosse journée de marche), faire la vallée del Frances à partir du campamiento Italiano, aller aux Torres à partir de la area de campar Las Torres.

En terme de sens, nous avions lu qu’il vaut mieux le faire le W d’Ouest en Est pour la vue et pour avoir le vent dans le dos. Nous avons trouvé la vue bien plus belle d’Est en Ouest, il n’y a pas trop de vent sur le W et partir de l’Est vous permet de moduler vos journées (vous aller le plus loin possible chaque jour). Bref, sur le W, nous recommandons chaudement de faire d’Est en Ouest. Pour le O, c’est peut-être différent car on passe dans des zones ventées.

Faire le W ou le O ? Nous sommes restés 5 jours sur le parc, mais avec notre système, nous avons réellement marché 4 jours. En effet, nous avons été lâché le premier jour à 14h et n’avons quasiment par marché le dernier jour pour pouvoir prendre la correspondance de bus (bus uniquement à 13h à la Sede Administrativa). Nous avons fait le W proprement dit en 3 jours et estimons que nous aurions pu faire le O en 6 jours. Cela nécessite néanmoins d’être un marcheur un peu forcené et d’avoir beau temps. Le O doit vraiment valoir le coup…

Pour sortir du W, on parle toujours du catamaran. Mais il est quand même cher (20 euros/personne). Nous sommes partis par le Sud du parc, c’est une très jolie marche dans la steppe de Patagonie.

Dernière chose, les temps donnés sur la carte sont à peu près juste, si on marche chargé.

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Ushuaia, ce n’est pas ce que vous croyez

Ushuaia, vous imaginez une tahitienne en train de prendre son bain sous une cascade parfumée ? Et bien pas du tout, c’est une petit station de ski… Au bord de la mer !
Et oui, ici, il y a tout ce qu’il faut pour faire de la haute montagne, on est au pied des glaciers des Andes, mais bon, on est aussi dans un port, avec les embruns qui sentent bons et les cargos qui donnent envie de sauter dedans.


Il y a une sacré histoire aussi, cette ville s’est construite sur la volonté de l’Argentine de peupler la Terre de feu pour ne pas se la faire piquer par les mauditChiliens. Alors une fois les indiens exterminés, ils ont envoyé fin XIXième des bagnards peupler la zone. Les pauvres bougres n’ont pas pu trop se reproduire, vu le manque de prisonnières dispos, mais ils ont construit toute la ville, en commençant par leur bagne. Grâce à leur travail, l’Argentine a ensuite pu envoyer du monde, avec une politique des plus attractives : pas d’impôts, salaires supérieurs, pas de taxes d’import ou d’export. Alors la ville ne cesse de grossir, entre les industries qui arrivent en nombre et le tourisme qui se développe plein pot avec l’Antarctique à côté.


Mais il y a surtout la nature, avec tout d’abord ses îles, battues par les vents, où pousse une végétation habituellement présente à 4000 m d’altitude…


Il y a ses côtes, aux herbes jaunes, aux arbres détraqués quand ils ne sont pas arrachés en domino par les vents.


Finalement, il y a son petit glacier, de la blague par rapport à ses grands frères andins, mais sympa avec sa vue mer.


Ushuaia, on s’y est trouvé bien. Grâce à notre adorable hôte, grâce aux paysages immenses, mais surtout pour cette sensation de toucher le bout du monde, l’aventure, l’insoumis. Bon d’accord, on se la pète un peu mais c’est quand même magique ce lieu !


En pratique :
– Dormir : super Hostel recommandé par le routard (Cama y desayuno de la Artes), où le proprio Marco, est complètement adorable et nous a bien simplifié les affaires avec tous ses conseils. 50 euros la nuit pour une super chambre, avec petit dej.
– Excursions :
Glacier : taxi pour aller au pied du glacier (8 euros), puis, 1h / 1h30 pour monter au sommet. Petit sentier d’une 20 aine de minutes pour avoir un point de vue sur la ville. Redescente sur la ville à pied à travers les bois. Très sympa, mais pas immanquable.

   Parque Nacional Tierra del Fuego : petit bus pour y aller (15 euros AR + entrée du parc), puis ballade de la journée. Vraiment très beau, surtout les extrémités de la ballade. Nous avons fait la rando en 5h, elle est donnée pour 7h. Elle est quasiment à plat mais pour les personnes qui ne peuvent pas trop marcher, possibilité de rejoindre les différents spots avec le bus (transport inclus dans le prix général).

   Excursion avec Patagonia Adventure sur le canal de Beagle. Excursion très chouette, une matinée sur un petit bateau avec un 15 aine de personnes. On voit l’île aux cormorans, les phoques, et le phare du bout du monde. Attention, pas de pingouins. Le tour est bien pensé, avec un bon guide. 50 euros.

   Excursions avec Pira Tour. Seule excursion qui permette d’aller voir les pingouins. Le tour est correct mais l’heure passée sur l’île des pingouins est géniale – si on aime les pingouins bien sur ! 90 euros.

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Breaking news : on a vu des pingouins !

Des manchots Magellan qui glandent en attendant de changer de plumes ou qui gardent leurs nids sous-terrains… Comme des lapins !


Des pingouins Gentoo qui planifient de conquérir le monde (Kowalski !)… Ou de dormir.


Des pingouins royaux qui se la pètent en Armani.


Mais aussi des phoques qui se dorent au soleil.


Et des cormorans impériaux, qui se déguisent en pingouins mais qui savent voler.